Je propose ici, d’apporter des idées complémentaires au texte de Philistin Panger « En mon âme et conscience ». Devant les réactions des lecteurs et en accord avec l’auteur, je vais essayer de donner dans ces quelques pages, des réflexions, confirmant ce qui n’a pas toujours était bien compris.
Tout d’abord, l’objection la plus communément faite à ce texte est l’aspect dogmatique. En effet, Philistin déclare clairement détenir la vérité.
Bien qu’il finisse par une « pirouette », comme s’il cherchait à s’excuser de ses certitudes, je sais que son engagement est sincère. Le narrateur, Philistin, est en fait chez le médecin, et accouche une philosophie dogmatique, qui pourrait donc se soigner. Mais, le remède que lui propose le médecin est un médicament sûrement sans effet puisque à base de vent (Duoléole). Le nombre deux, repris de nombreuses fois dans l’ultime et unique réplique du docteur prouve, incontestablement que celui-ci se place dans un contexte de dualité et non d’unicité comme n’a cessé de le déclarer Philistin. Cette excuse de l’auteur est donc un faux semblant, tout en laissant au final une impression de modestie et d’humilité.
Mais l’essentiel du texte réside dans ce monologue, où Philistin affirme connaître ce qui existe et ce qui n’existe pas. Pour lui, n’existe que les choses du domaine de l’absolu, le relatif étant illusion.
Avant de développer les idées de Philistin, je reviens sur la principale objection émise, sur le fond du texte et de son aspect dogmatique. Je ferai par ces lignes une référence philosophique de première importance pour dénoncer, non pas les dogmes de Philistin, mais plutôt l’incapacité des lecteurs à admettre la puissance spirituelle des humains, comme si la modestie de ne pas savoir (pour la plupart) et l’importance de chercher (pour une minorité) était plus important que le fait de trouver.
Aussi, Platon, le plus grand philosophe du monde occidental, mettait, il y a 23 siècles, en avant une idée simple et pourtant encore aujourd’hui mal comprise : « Ce que je sais, c’est que je ne sais rien ». Ce qui au fond s’oppose de manière indubitable au concept que l’on ne peut rien savoir, ni connaître, ni apprendre. Sinon, je ne peux apprendre car je ne sais même pas quoi apprendre, et pire encore, je ne sais même pas qu’il y a quelque chose à apprendre, et encore plus fort, je ne sais même pas que je ne sais pas ça. L’ignorance est absolue, mais, pourtant il sait qu’il ne sait pas. Ainsi, il sait déjà quelque chose. L’importance de l’idée de Platon n’est donc pas qu’il ne sache rien (comme le pense la plupart des lecteurs qui trouvent là un message simple figurant la modestie) mais qu’il le sache. En fait, il n’est pas complètement ignorant et donc il est possible de savoir quelque chose.
Platon pense que la connaissance est en nous. Philistin fait écho à cette grande nouvelle « nous savons déjà tout ... ». Platon parle de remémorisation ou de réminiscence. Philistin parle de connaissance oubliée : « ...mais nous l’avons oublié. ». Il propose alors que l’on se souvienne. C’est dans notre âme que la vérité réside. Platon l’avait déjà situé dans ce même espace.
Ainsi, la démarche de chercher la vérité (par les sciences, philosophies, arts, psychologie, mathématiques...) trouve sa justification d’exister et peut apporter, peu à peu, des éléments de compréhensions ne faisant que répondre aux certitudes qui nous habitent. L’existence de ces sciences qui démontrent notre besoin de savoir (on connaît ce besoin), est la preuve de la non ignorance absolue (preuve apportée par Platon).
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