Crucifié depuis deux milles ans
je te regarde encore aujourd’hui,
Seigneur, quel est donc notre élan
de venir de voir accroché ainsi ?
Si courte est donc notre mémoire
qu’il nous faut encore torturer
ta chair sur ce triste perchoir
où nous t’avons crucifier ?
Et nous venons nous excuser
de nos pauvres faiblesses,
celles mêmes que tu as emporté
et que l’on répète en messe.
Alors je te regarde et je sais
qu’une église n’est pas la maison
que tu as toujours, pour nous, souhaité
mais plutôt notre permission.
La maison que tu as bâti est plus vaste
Elle va du nord au sud
de l’est à l’ouest
Du fond du cœur au limite de l’univers.
Alors je te regarde et je me vois
Perdu dans cet espace infini,
celui où tu voudrais que je sois roi
et que tout le monde le soit aussi.
Mais il n’y a pas de lieu
où, pour nous, tu espères
voir dans le profond de nos yeux
l’amour et la lumière.