Je traîne la chaise
jusqu’au pied de l’armoire.
Je grimpe, pas très à l’aise,
juste pour y voir.
Mon nez passe le rebord,
sur la pointe des pieds,
de la chaise tout au bord,
et les doigts agrippés.
Poussière sur la boite,
je soulève le couvercle.
Une ligne noire et droite
petit à petit m’encercle.
Et comme dans un manège,
s’envolent les photos,
et je vois de la neige,
la mer et des mots.
Puis explose le charme
dans ma tête, tout à coup.
Coulent des jolies larmes,
la mémoire sur mes joues
J’étais déjà en vie
et des trous laissés béants
ont donné au présent l’envie
de combler le néant.