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::: Dans ses mains un rocher :::
::: Fable de Philistin Panger :::

En avançant sur le chemin de ma vie,
Je rattrapais un homme, un peu affaiblit.
M’approchant de lui je remarquais
Dans ses mains un rocher qu’il portait.
" Pourquoi porter ce poids, il vous ralentit
Pour avancer sur le chemin de votre vie ? "
Alors l’homme un peu essoufflé, rétorqua,
" C’est une faute et je la garde sur moi.
Plus jeune sur mon chemin, je me suis cogné
Le pied, sur un rocher qui traînait.
Mon inattention est mon erreur,
Ce rocher me rappelle la douleur ".

Plus tard, je vis un autre homme tituber.
A chaque instant il paraissait tomber.
Laissant échapper de ses mains des pierres
Qu’il s’efforçait de récupérer par terre.
Le schéma semblait sans fin,
Alors, je lui demandais enfin :
" toutes ses pierres, ici dans vos bras
sont trop nombreuses, et ne tiennent pas.
Avez-vous commis tant de fautes par le passé,
pour qu’aujourd’hui ses pierres vous empêchent d’avancer ?"
L’homme, me regardant tout juste du coin de l’œil
occupé qu’il était, répondit avec orgueil :
" de fautes, j’en ai commis aucunes
mais des peines, oui, et je les assume.
Souvent, des tristesses m’ont grandement accablé
Ses pierres sont là pour ne jamais oublier ".

Alors je compris, que les hommes doivent porter
Sur le chemin de leur vie, tout leur passé.
Souvent affaibli et ralenti par cet effort,
En se forçant à se souvenir, ils deviennent plus forts.

Puis, je me souvenais enfin que personnellement
Des fautes et des erreurs j’avais commis également.
En ignorant ce principe même de la vie,
C’était un premier faux pas que j’avais commis.
Alors, je trouvais une pierre et je la ramassais,
Ressentant du même coup cette faute passée.
Ayant eu de la peine pour ces hommes malheureux,
Je devais maintenant porter d’autres pierres pour eux.
Et rapidement dans mes bras s’accumulaient,
Toutes les pierres que j’avais oubliées.

Plus tard encore, et marchant lentement
Je croisais un vieillard sur un rocher, souriant.
Me regardant passer, ce vieil homme me dit :
" Te sens tu mieux, maintenant que tu as vieilli ?
Les pierres que tu portes sont de lourds fardeaux.
Espère tu vivre plus longtemps, en fatiguant ton dos ?
Personne ne te demande d’oublier tes erreurs,
Ta tête suffit, n’y met pas en plus ton cœur.
Si des peines tu as dans ta vie ressentie,
tu dois en ressortir plus fort et non pas affaibli "

Etonné par ce nouveau jugement,
je posais mes pierres un instant.
Le vieil homme avait peut-être raison,
je m’assis à ses côtes, et regardais l’horizon.
Alors, je découvrais un monde merveilleux,
Plein de beauté, et je me sentais mieux.
Peut être, ces rochers ne m’avaient servi à rien.
A part user mon corps, mes bras et mes mains.
Libéré maintenant de toutes mes fautes et peines,
Je redécouvrais la vie et des joies saines.
Occupé que j’étais à transporter mon passé
C’était donc le présent que j’avais oublié ?

Enfin, le vieux se leva et reprit son chemin,
puis se retourna et me dit soudain :
" et si de joie, la vie te parait aller trop vite,
montes sur un rocher, c’est lui qui t’y invite... "


Philistin Panger ©
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