Dans un modeste logis,
juste en face d’un petit miroir
se trouvait une bougie
simplement sur son bougeoir.
Dès l’arrivée du crépuscule,
le miroir reflétait l’image
d’une flamme minuscule
qui éclairait le voisinage.
Lorsque passait un courant d’air
de la flamme tout à côté
il arrivait, quelle misère,
qu’elle parte en fumée.
Mais par un étrange mystère,
à nouveau s’illuminait
et deux fois plus fière,
la bougie se consumait.
" Mon Dieu que tu es jolie ! "
Disait la bougie à son reflet,
pendant toutes les nuits
tant qu’elle était allumée.
Le miroir, usé par ce refrain
et ayant bien réfléchi,
lui dit, juste avant le matin
d’une façon pas très polie :
" Si tu te vois, c’est que tu fonds !
Ne sais-tu pas que tu es en cire,
Ta beauté est illusion !
Il n’y a pas de quoi s’en éblouir."
Vexée et prête à s’enflammer,
la bougie répondit, sûre d’elle :
" Si tu ne crois pas à cette vérité
pourquoi tiens-tu la chandelle ?
Mon image est mon unique amour,
elle m’est fidèle et confiante.
Je l’aimerais sans aucun détour
tant que je serais vivante !
Elle s’approche de moi aussitôt
que vers elle, j’avance.
On est toujours de même niveau,
et jamais elle ne m’offense.
Je l’aime aussi pour sa chaleur,
peux-tu comprendre ça ?
Toi, le miroir et ta froideur,
Tu existes parce que je suis là,
Puisque tu reflète mon image,
lorsque je brille de tous mes feux,
réfléchis et fais bon usage
pour je vive encore un peu... "
La bougie continuait de fondre
en même temps qu’elle parlait,
ce que, bien avant de répondre
le miroir avait constatait :
" Tu as raison, jolie bougie,
mais cesse de fondre un instant
parce que ton reflet se pâlit
et ta flamme s’éteint lentement.
Je suis un modeste miroir
mais dès que tu ne seras plus là
nous serons plongé dans le noir
et plus rien ne se reflétera. "
Juste avant l’ultime supplice,
la bougie murmura
" il faut que tu réfléchisses
pour nous sortir de là !"
Alors à force de réfléchir,
pour éviter cette fin affreuse
le miroir pu sentir venir
une idée lumineuse.
Cette idée, quelle est-elle ?
Pourriez vous demander.
Mais juste c’est cette idée si belle
d’avoir voulu aider
qui, comme une étincelle
a tout illuminé.