Un savant génial dans son laboratoire
écrivait sur un immense tableau noir.
Alignant des formules mathématiques,
des chiffres et autres signes cabalistiques,
il recherchait l’équation du bonheur
et y mettait pour ça tout son cœur.
Plongé dans cette impossible quête,
il en avait sûrement perdu la tête,
se demandant parfois si le bonheur suprême
n’était pas plutôt de vivre de bohème,
ou d’éviter de se poser des questions,
ou mieux, de vivre ses propres passions...
Comme toujours dans ces cas-là,
un imbécile heureux se présenta :
" Oh ! le beau tableau avec ses jolis dessins !
Vous avez fait tout ça de vos mains ?
Vous devez être un très grand artiste ? "
Alors le savant eu un long regard triste.
Comment pouvait-il expliquer à l’idiot
tout ce que contenait le tableau ?
" Je travaille sur un très gros projet,
et j’aurais du mal à t’expliquer.
Mais ce n’est pas de l’art que tu vois là ! "
Alors, l’imbécile lui sourit et annonça :
" Monsieur, puis-je vous dire ce que je pense ?
Si ce n’est pas de l’art, c’est de la science...
A voir votre acharnement à travailler,
vous recherchez quelque chose que vous ne possédez.
Vous passez tout votre temps seul à réfléchir
Vous devez, vous ennuyer, même peut être pire.
A mon avis, ce qu’il vous manque, c’est du bonheur
que vous recherchez pendant toutes ces heures "
Le savant prit une seconde de réflexion,
" Tu es loin d’être idiot, tu as de l’intuition.
Mais cette formule, je ne la cherche pas pour moi,
mais pour toute l’humanité, pour les autres, pour toi...
Le bonheur de chercher largement me suffit,
c’est ainsi que je veux vivre ma propre vie. "
Alors, l’idiot répondit en toute logique :
" Votre geste est généreux et fantastique,
Mais quelle force vous pousse donc à croire
que le bonheur pour tous est le seul vouloir.
Moi-même, heureux je suis déjà.
Votre travail n’est sûrement pas pour moi.
Pour les autres, il faudrait leur poser la question,
mais je ne suis pas sûr que vous ayez raison ".
Le savant prit le temps d’y penser,
en se disant qu’au fond celui-ci avait bien parlé.
" En fait, de nous deux, tu es le plus intelligent.
Ton savoir de l’âme humaine est bien le plus grand.
Pourquoi tout le monde te traite d’imbécile
alors qu’en fait, tes réflexions peuvent être très utiles ? "
Alors ce dernier poussa un léger soupir.
" Si je suis idiot, ce n’est pas de ne point réfléchir,
mais pour tout le monde, imbécile je suis,
parce que je n’attends plus rien de ma propre vie. "
Enfin, le savant compris qu’effectivement,
le bonheur, c’est bien, mais il y a plus important.
Avoir un rêve, pour les autres ou pour soi-même
est la formule magique du bonheur suprême.