"Nous refermons la dernière page
du tout dernier livre"
Annoncèrent avec fierté et courage,
Des hommes, de joie un peu ivres.
Ils avaient, pendant toute leur vie,
entré dans un ordinateur,
tout ce qui avait été écrit,
depuis la toute première heure.
"Nous allons maintenant savoir
le grand secret de l’existence."
annonça avec grand espoir
un des hommes, à l’assistance.
"Dans les livres sont tous les secrets,
toutes les réponses à nos questions.
L’ordinateur va tout synthétiser.
Et nous apporter l’unique solution !"
Pendant que la machine calculait,
un individu s’approcha en courant.
Dans une main, il brandissait
un tout petit livre blanc.
"Attendez !Attendez !" il cria
"Vous avez oublié ce bouquin
Il faut absolument qu’il y soit,
et qu’il ne manque vraiment rien..."
Alors on arrêta la machine
pour intégrer le dernier venu.
En moins de temps qu’on ne l’imagine,
elle avait absorbé le contenu.
On pouvait relancer à nouveau
le calcul de l’ordinateur.
Mais, sinon ce aurait été trop beau,
arriva un autre empêcheur :
"Attendez ! Il vient juste d’être publié,
d’un auteur inconnu
ce livre, qu’il faut ajouter.
C’est ce qui a été convenu."
Un des techniciens de l’ordinateur
qui semblait perdre patience
utilisa un haut parleur
et dit avec insistance
"Pourquoi vous obstinez vous ainsi
A écrire des ouvrages ?
Tout a déjà été dit,
Ce n’est que du rabâchage !
Je suis, tout comme vous, mes amis,
sûrement très impatient
de savoir ce que la machine nous dit
de juste et intelligent...
De quoi peuvent bien parler ces textes,
rien de nouveau sous le soleil !
ne serait - ce pas un prétexte
pour taire la vérité qui effraye "
Alors, il prit le petit livre nouveau
et en feuilleta plusieurs pages,
et en lisant quelques mots,
il comprit tout l’engrenage.
"Ce livre parle d’un ordinateur
auquel on ingurgite des livres.
Je crois, j’en ai bien peur
que c’est ce que nous sommes en train de vivre"
Encore, accouru un autre écrivain
qui tenait un feuillet.
C’était un roman anodin
qui imaginait ce que cette machine disait.
D’autres livres, encore plus fou
critiquaient ces nouveaux bouquins.
Ils en arrivaient de partout,
brandis par pleins de mains.
Ce que nous dit cette fable
C’est que, inspirées sont les âmes
par, non pas la vérité véritable
mais par des rêves qu’elles réclament.