Je regarde ton torse nu
Je regarde ton cou tordu,
Tes mains tiennent cette chaîne
dans la gène, tu entres dans l’arène.
Hurlant, Vociférant, toute cette haine !
Tu baisse la tête. Oh quelle peine !
Je regarde le sang sur ta poitrine,
Coulent des larmes si fines
sur nos joues, les tiennes et les miennes.
Moi aussi, cette foule m’enchaîne.
Je baisse la tête, oh quelle honte !
Tu les regardes, presque tu les comptes
Comptes moi aussi parmi ceux là.
Je suis la foule, mais je ne vaux pas mieux que toi.
Hurlant, Vociférant, pas de pitié !
Tu comptes ceux qui t’ont enchaînés.
Compte moi parmi ceux là
Je vaux bien moins que toi.
Tu voulais former avec moi une chaîne
une véritable chaîne humaine,
Allant de ton cœur qui aujourd’hui saigne
Jusqu’à mon âme qui ne valait pas la peine.
Tu voulais le bonheur pour chacun
Aujourd’hui, cette foule ne fait qu’un.
Il sont heureux de te voir enchaîné
Leur bonheur, c’est de te sacrifier.