Les doigts de pieds en éventail
Un doux sirop, une longue paille
Sous le soleil, un escargot s’étirait
Et se délectait de légères gorgées
Un papillon, lui virevoltait de partout
Battant des ailes comme un fou,
Se reposait que quelques secondes
Et repartait dans cette drôle de ronde.
« Comment fais tu pour ne rien faire ? »
demander l’animal des airs
dans un tournoiement presque statique
au dessus de l’escargot lymphatique.
« Je ne fais pas rien, je bois et je dors...
Que pourrais je donc faire encore ?
Et toi que fais tu de plus que moi ?
Tu voles mais sais-tu où tu vas ? »
« Mais qu’importe le déplacement
ce qui compte, c’est le mouvement ! »
Répondit le papillon philosophe
A l’escargot toujours un peu amorphe
« Je cherche, je m’instruit, j’apprends,
beaucoup de choses en voyageant !
Ma vie est plus riche que la tienne
Plus courte, certes, mais ça vaut la peine ! »
Alors l’escargot se leva d’un seul bond
Ce qui lui prit trois heures environ
Et pendant ce temps presque infini
Le papillon entra peu à peu dans la nuit.
Il est de ces animaux pourtant éphémère
Qui cherche toute leur vie la lumière
Et d’autres bien peu pressé, qui cependant
applique la vérité naturellement.
La papillon est mort et ne saura jamais
Si l’escargot suivra les conseils prodigués
Mais n’est ce pas de la jalousie malfaisante
de vouloir faire courir celui qui rampe ?